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 POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan

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MessageSujet: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Mar 25 Avr - 12:53

Fabrice "Nahda" propose un petit épisode sur le punk rock à poitiers.

POITOU ÜBER ALLES :

Bon, j'écris pas cela par nostalgie. On se comprend tous : c'est pas un cimetière pour vieux punks en manque de glamour de leurs jeunes années. Juste pour rétablir un peu les faits et les gestes des premières gardes du punk rock à Poitiers. Genre : voici la légende d'un bref et éphémère moment à Poitiers. Crois-y, crois-y pas, on s'en fout. Tout cela est complètement subjectif et aléatoire. Mais j'espère bien que tu auras autant de plaisir à lire ce texte que j'en ai eu à l'écrire : on se rafraîchit les neurones comme on se rafraîchissait le gosier, fut un temps. Alors No-stalgie !

Ah t'as pas connu EMERGENCY ? Ouh la vache. On s'est croisé dans notre bahut privé catho de St Jo à Poitiers. Thierry arrivait de Victor Hugo en term, viré. Moi, je sortais du collège pour arriver dans une classe de 2nde. En seconde, je crois, y avait aussi Titi (Fan club Bérurier Noir, the feast et futur batteur de Cadavres...façon de dire), ÉriK Gérard faisait tout pour se faire virer de la term (IV Reich, Odessa, La Strada, PussyKillers). On était une petite brochette de punks en ce début 80. En 1982, pour être un peu plus précis. Érik se la jouait Strummer version Combat Rock, avec la même gueule, les mêmes lunettes directement piquées à l'Aveu, avec le gros manteau, la chemise coupée et le gros cardigan. Il se la jouait avec un des premiers groupes punk de Poitiers (excusez moi les Scrubs...de Niort et les Raticides de Parthenay...) IV Reich qui a eu pas mal de répètes foireuses et une première partie mythique dans la cave de l'Abbaye aux Dames à Saintes en première partie d'Oberkampf en '82. Sur les cendres de IV Reich, y a deux groupes qui se sont formés : ODESSA et OFFSET. Pendant ce temps là, les Loste (Thierry et Patrick) jouait dans un groupe punk rock plus basique et moins intello EMERGENCY (nommé fut un temps Les FUCKERS) en trio à faire des reprises des clash, uk subs, sex pistols, slf et stranglers. Lourds de la basse, fort de la batterie, larsen à la guitare, et criard de la voix. Je les entends encore rejouer le live kicks des uk subs, à la note près, à la formule près...Des reprises à fond la forme toutes les fins de semaine, le goulot de bière à la bouche et la R5 prête à faire la tournée des bars, tournée foireuse maintenue vendredi soir après samedi soir, fin de semaine après fin de semaine...

Puis là, on s'est croisé. Dans notre bahut. On écoutait les radios libres. Une des rares bonnes réalisations de Mitterrand. On écoutait les Anthems (où Erick G avait sa petite 5 minutes), Backstreet (avec Patrick B que j'ai recroisé plus tard dans Bons Baisers de Russie à Saintes) et Babylon's Burning (un des premiers opus du Didier Bourgouin), tard le soir. Puis à notre tour, avec Thierry, on a fait notre émission de radio sur la jeune radio Pulsar. Le jeudi : GARAGELAND. Pour tout dire. Pour dire les influences. Le son. Au départ, on a même eu 3 ou 4 heures de direct. Tous les jeudis. On sortait de classe pour se retrouver à la radio. avec des potes qui passaient nous voir. Les packs de bière dans les sacs. Un vrai bordel pendant un an. Dans mes archives k7, j'ai encore le générique (nosferatu + 999 + une beuverie assez incroyable....). La programmation musicale était pas mal grâce à Patrick L qui avait à ce jour une des meilleures discothèques sur le punk rock dans le monde (Il s'approche de très près de celle légendaire de MIchel Rose d’Orléans....c'est dire). Je lui dois toute ma culture musicale punk rock et extra : des premiers dogs, aux eps de groupes islandais, à tous les albums cultes -aujourd'hui- du punk rock, new yorkais, californiens, londoniens, de Manchester, du Havre, de Bordeaux, de Paris, de Lyon, etc. C'était une collection vivante que les Loste prêtaient généreusement. Toute comme une bière que l'on débouche généreusement pour les autres. On en connait tous les goûts.

OFFSET était un trio composé des deux frères Sion (Éric et Jean Phi). Ils jouaient un punk rock carré - à la clash- mais plus rentre dedans avec un coté DK. Plus dur. Plus carré. Les frères Sion, eux-aussi, vouaient un culte aux punk rock 77 et aux punk rock français émergents. Ils avaient aussi sans trop l'avouer un culte très prononcé pour les Who et le jazz. Bref, du punk bien fait à la buzzcocks, subway sects, sfl, the clash, undertones, et dead kennedys. OFFSET, selon la rumeur, devait même avoir un morceau (L'aveu) sur la compil Chaos en France 2. Cela s'est pas fait pour cause de dissolution. Heureusement pour eux ? Bref, OFFSET a fait un des premiers set du punk poitevin avec Ptose Production (de Niort, électropunk à la residents : Écrasons la vermine) pour RHT 83 à Cap Sud. Thierry d'Emergency montant sur scène achevait le concert avec OFFSET sur Janie Jones...she s in love with rock'n roll word....FR3 était même venu filmer le groupe et son vilain public de jeunes punks....Journaliste : C'est quoi le punk....Réponse : C'est le chaos.... Ta prof de sport qui t'en cause le surlendemain matin. C'est pas vrai.... En ce temps là, un concert punk, c'était comme un accident de voiture dans le quartier.....La télévision venait, les voisins sortaient, tout le monde y allait de son avis, voulait voir les p'tits jeunes punks....

Bref, on arrive au haut lieu du punk Poitevin. On y est. Cela séchait pas mal du coté de Victor Hugo. Y avait pas mal de punks qui y allaient partager le gite et le couvert des clochards, etc... L'alimentation d'en face avait même arrêté de vendre de la colle à rustine pour les vélos... Cela sniffait dur (zyklon b zombie...), et buvait pas mal de la bières valstar, Kros, jenlain...On s'y croisait un moment ou un autre. Cela était sur le circuit. Le Petit Square. Alors, quand Jack Lang a fait sa première fête de la musique dans Matignon, Emergency et Offset faisait la première Faites du Bruit, premier concert punk de Poitiers gratuit au Petit Square. On s'était amusé à distribuer des tracts que Thierry avait fabriqué....papier jaune pisse et lettrage bordélique. OFFSET & EMERGENCY ont joué dans un foutoir assez rocambolesque et vraiment bordélique. Le Petit Square pris d'assaut. Le courant coupe, reprend etc...

Là-dessus, OFFSET splitte et EMERGENCY se retrouve sans Alain le premier guitariste. Et la vraie histoire d'EMERGENCY commence ce 21 juin 1983.

Ah ok. C’est quoi le contexte poitevin. En ce début 80 ? On pourrait dire que c’est le contexte d’une petite ville de province de 100 000 habitants avec un esprit tout provincial à défaut d’être capitale. Une petite ville bourgeoise (au mauvais sens du terme), avec ses notables, ses prolos repoussés du centre-ville et sa campagne. Une petite ville mort à crédit comme il y en avait mille en France. Une ville à crever d’ennui. Sans classes d’ouvriers, avec ses paysans, ses enfants de paysans agriculteurs, ses étudiants nian-nian, tiraillé entre Paris (trop parigot), Bordeaux (trop arrogant), Nantes (trop chouan) et Limoges (trop coco prolo). Poitiers, la capitale hautaine du Poitou Charentes où l’on crevait d’ennui à l’abri des milles clochers. Mais, faut pas croire, le punk rock se portait bien en ce temps là grâce aux radios libres et aux émissions faites par les quelques étudiants de passage aux discothèques bien garnies directes de 1977. Ces petites émissions diffusaient une bonne part des trucs punks français complètement obscurs (gazoline, olivensteins, métal urbain, starshooter, blessed virgins, etc…). On se collait l’oreille dessus tard le soir. Y avait aussi les chorus, les enfants du rock à la télévion. Surtout, ce petit magasin dans une petite rue de Poitiers centre-ville qui se nommait FANZINE. On avait même une boutique de fringues punks à la seditionnaries. Assez incroyable et à des prix massues. Au niveau vinyl, c’était un peu la dêche avec le Mur du Son, Variations, la Maison de la Presse et la Libraire de l’université et la bouquinerie. Pas grand chose de vraiment bandant. Mais, on se rattrapait avec la lecture des New Wave, des On n’est pas des Sauvages, etc que l’on lisait la plupart du temps chez FANZINE. Ce que l’on lisait dans cette presse alternative se retrouvait en ondes libres. On se retrouvait donc en cours de récré (ah ah) ou dans la rue à causer du premier ep des Électrodes (produit par Géant Vert ?), du 45 des The Brigades, des Standarts, des Provisoires, des scurs, des exemples, de la démo de Single Track, des Dogs, des SubKids, de Reich Orgasm, de Kidnap, des Thugs, etc, ou du dernier truc entendu à telle émission. Il y avait de sacrées gloires locales comme Érick G ou comme Bill qui de Back Street nous faisait un cours direct de l’antenne sur la scène surf 60s d’Arizona (sic) avec groupes d’Arizona 60s punk tirés des back from the grave et autres nuggets. On nageait tous dans la new wave, le punk, le rock, les musiques industrielles, et les scènes françaises. Pas encore DIY….dont on avait aucune idée…en ce début 80… Mais la place était dominée de sa cathédrale (ou plutôt des bureaux juste à côté de la Cathédrale de Poitiers, bâtiment détruit aujourd’hui) par l’association l’OREILLE EST HARDIE. J’ai pas tellement envie de polémiquer ou de ressortir des méchancetés. Mais l’OH avait un côté génial sur toute une partie de sa programmation. Je le dis et je répète : je suis fils de l’OH et non un des enfants du Confort moderne. Je lui dois (et je suis pas le seul) pas mal de belles découvertes et pas mal de mes cultures musicales (des residents à the cure en passant par blurt, les virgin prunes, tuxedomoon, lounge lizards, snakefingers, marc seberg, etc). Mais hélas, les scènes punks naissantes et locales lui doivent aussi un cloisonnement et un sacré rejet, voir même un malentendu. Là dessus, l’OH –et sans aucune méchanceté- a amplifié ce côté « branché » et « élitiste » au niveau local. Ce qui a créé pas mal de malentendus pour pas mal de monde pour un bon moment y compris les trucs comme l’AMP ou la Fédération et d’autres. Surtout, cela a isolé et anéanti pas mal d’initiatives.
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MessageSujet: La suite de Poitier uber alles....   Mar 25 Avr - 12:54

Pour le punk à Poitiers, il y avait rien à faire. Le Mazouing à Angoulême était plus ouvert aux scènes françaises avec les Coronados, Lucrate Milk, etc… Parthenay s’orientait plus vers le punk rock, Orléans s’enfonçait vers les scènes oï pas fufute….et Paris se la jouait Paris.

Mais sorti de là, on avait une belle petite scène qui commençait à naitre avec les Feats, les Kromozom Disorder, Odessa, et d’autres projets divers comme PLZ, Normale Vitale (avec Didier B.) etc. Y avaient aussi quelques fanzines : le tubercule baveux (truc de lycéens sur photocopies…un quart de A4), le Laocoon et le plus connu : Tant qu’il y aura du Rock (une bible sur les scènes 60s) de Dav’ Duf. Je vais pas lui enlever les mots à DavDuf (voir son blog). Il est capable d’écrire lui-même sur cette période et son avis serait –ma foi- très intéressant. Avec le groupe Raticide de Parthenay et Mino (?), il a monté son fanzine avec une mjc. Surtout, Mino de Raticide a été l’un des premiers dans notre coin de pays à vraiment faire du diy. Au concert, il venait avec une table de presse, des zines, des k7 et des eps à vendre. Mino avait aussi fait une exposition avec Dav Duf –quand on connaît l’histoire future de Poitiers, on en comprend toute l’importance- à la Bibliothèque municipale de l’Hotel Aubaret sur le PUNK au début 80 avec des affiches des Sex Pistols, des graphzines de Bazooka, des sons, etc…. Bref, tout la culture fluo du PUNK dans toutes ces dimensions contre-artistiques. Je lui dois mes premiers eps des Électrodes, des Thugs, de Ludwig et de Bérurier Noir. Dav’Durf deviendra journaleux à la pige dans BEST, Rock n Folk, bossera avec Bondage rec., etc…. et il couvrira le procès Papon pour Libé. Il a aussi écrit sur le 17 octobre. M’enfin, EMERGENCY va croiser par deux fois le sieur Dav Duf. Dont une fois assez épique !
Hum. Pis en France où tout est politique ? C’était quoi le contexte politique en ce début 80 ? Ben, je pense que toutes nos familles respectives avaient sorti le champagne le 10 mai. Sans se douter de l’impasse dans laquelle les socialistes allaient nous mener. Le premier gros choc, cela a été l’extrême-droite, ou plutôt de s’apercevoir qu’une extrême-droite existait dans notre bahut privé. Y avait pas mal de militants de l’UNI, des restes de la FANE, et des futurs GUD. Petits punks, on se retrouvaient en « première ligne » bien malgré nous, sans aucun jeu de mots. Anti-fasciste ? Oui. Anti-raciste ? Oui. Anti-établissement….il y avait pas d’autres choix et aussi anti-babas. S'il a bien un truc qui nous était commun c’était la haine du facho et du baba 68 peace & love. On a eu plusieurs clash (le mot est juste) entre tel bar QG des petits fachos (et grand amateur de new wave pop dance anglaise…imaginez un peu l’horreur !), tel militant du tout nouveau (en importance) Front national, ou durant des collages sur lesquels on tombait. Hum. On se laissait pas faire non plus. L’environnement était pas très sain avec de sacrées dynasties bourgeoises et rurales (pour reprendre le titre d’une série d’extrême-droite) avec Saumur, Nantes, Tours etc. La cassure est bien plus profonde en terme d’histoires (Républicains, Chouans, Protestants, etc…). Mais, nous là, on en avait rien à foutre. À Poitiers, on a été plus que méfiant via à via des skin-heads issus de la « politique ». On pouvait concevoir un Karim (-mon cousin- en pogo pour le concert d’Offset) mais pas un extrêmiste de droite à « nos » concerts. Quelqu’un se rappelle du premier concert des Thugs à l’amphi J ? Et tant d’autres concerts. Anarchistes romantiques, junkies contre l’ordre, rugbymen en quête de baston, proto communistes crassien, autonomes, fils et filles de bourgeois, en rupture le temps d’un battement de cœur, pour vivre. Mais sûrement pas skinhead, facho et autres saloperies extrêmistes. Offset en 1983, Emergency, pas mal d’autres dont des gens comme Billoute, -et surtout là encore Érick Gérald-, ont pas juste été dans l’air du temps. On a pas attendu Porcherie en 1985 pour savoir qui étaient les porcs. En ce temps là, pas besoin de marcher au pas à la recherche de touches pas mon pote, scalp, de réflexes et autres ras l’front. Oh que non. On était tous bien trop « orange mécanique ». Ou comme disait Saint Strummer dans la bible punk par excellence Rude Boy : on faisait de la politique avec un petit p. Comme on n’aimait pas les babas non plus, ces hippys de 68 qui polluaient le lycée et plus tard le campus. Je me souviens que l’on s’amusait à jeter des boules puantes le samedi soir dans certains bars de babas. Anarchie à Poitiers le temps d’une beuverie du samedi soir ? Sûrement ? Oui. Mais avec un contrôle complet et pas de leader !

Bon, le PUNK à Poitiers ? Pas grand chose à dire. Y avait aussi Billoute avec une vraie dégaine clashienne à la London Calling avant de tomber dans les Bauhaus avec tout le réseau ODESSA. Mais, si les gens se croisaient, se connaissaient, se voyaient, si il y avait une certaine « solidarité » (les deux ou trois spiky hairs, crêtes, bracelets cloutés, et rangers avaient vite fait le tour de se croiser vingt fois en centre-ville…sans se parler….), les groupes PUNK avaient leurs followings assez distincts. Le pire étant celui des « rockers », tendance hard rock californien (tout ce que je déteste à la eagles, van halen, etc…avec leurs mises en plis, leurs chemises, leurs pantalons serre-couilles et leur tiags en peau d’hippopotame qui venaient directement des USA) qui voyaient les vilains petits punks amener un autre truc, plus sale, plus destroy et surtout plus vrai que leur super show à Las Végas. Des noms ? Deux : Tarif de nuit et Arkenciel. Arkenciel, ah Arkenciel, les mégas vedettes des bandes de 103 des Sables et tutti quanti. Merde, quand j’y repense, je me dis que c’était quand même du Margerin à Poitiers des fois. Mais, Arkenciel était pas le plus rétif au punk rock. Patrick T. concevait qu’une partie du punk de France était bien comme les Asphalt Jungle et compagnie. Il y avait un côté rock sur lequel il pouvait tomber ok…..comme little bob story, etc. Patrick T. y nous faisait un peu chier pour le jeu, le côté rigolo, rockers comme punks. Blagues à part, Patrick T. m’avait sorti d’une sale histoire baston bizarroide aux Toy Dolls à Parthenay, nous a soutenu du temps de nadha –et avant- en mettant à disposition du matos vidéo (fugazi, nomeansno, 2bad, the ex, etc….). Après avoir rejoint Boucherie Prod avec Bangkok Paddok (aux chants avec Brigitte A., une autre star locale du punk rock pictavin), puis avec les Voyoux, puis après 3e rage (suis je correct ?), après de la vidéo, du net, Patrick T s’est aussi retrouvé Président du CA du CM actuellement. Tel un Arkenciel ?

Autre spot. Un bar, Place du marché. Des motards. Là on tombe sur autre chose. La figure du motard dans la scène punk. Tout de cuir vétu, avec bottes allemandes ou rangers, croix de fer et compagnies. Tendance gros punk rock à la sex pistols, ac/dc, uk subs, un côté plus lourd et tout ce qui touchaient les stranglers. Là dedans, il y a eu un très digne représentant du Fan club français des Stranglers du temps avant la Folie. JJ Burnel en était la gloire locale. On les voyait de temps en temps dans des concerts. Mais, ils étaient du coté du bar, du baluche de campagne et de la route. Une vraie équipée sauvage au baby et au pastis.

Et nous là-dedans ? On était avec EMERGENCY là où il y avait de la bière à boire et du bordel à foutre : partout. Au départ, on se retrouvait dans le garage des Lostes, un vrai garage land. Ils sortaient la caisse paternelle dans la rue et remplissaient le garage des choses essentielles de la vie : amplis, batterie, guitares, basse et packs de bières. Généralement le samedi après midi…..jusqu’au dimanche matin. Bref, les répètes, on pouvait y rester toute la journée, à écouter les reprises et les nouvelles compos. Y en a du monde qui y passait. Bill de Backstreet y est venu, Amédomée, Titi futur cadavre, les Bourgouin’s, des punkys de Loudun, les futurs membres des Kromozom Disorder (à quand une reformation?), etc. Un vrai bouillon de culture. N’en déplaise à pas mal de gens qui ont bien rétabli leur situation…. malgré tout, c’est dans ce garage que cela a débuté pour beaucoup d’entre nous ou juste à côté dans la collection de disques ouvertes à tous les vents….

Et musicalement EMERGENCY. À ce moment là, cela tapait bien dur à la stiff little fingers et à la clash. Ni plus ni moins. Avec une certaine urgence et tous les riffs –la recette- d’un vrai punk rock ou plutôt d’une punky reggae party. JeanPhi à la basse, l’œil rivé sur deux modèles difficilement tranchable : Mick ou Paul selon le moment. Patrick à la batterie, toujours serein dans la grande influence du Jet Black (ah ah), Eric touchant du bout des doigts Peter Townsend et Thierry passant du micro à la guitare et au goulot entre deux refrains strummeriens. Les potes qui s’amenaient, la répète qu’en finissaient plus, les packs s’amoncellant, les prévisions de sortie, les coups de fils, éh vous faites quoi ce soir, y a un plan prévu là-bas, je suis invité….tout seul….vous avez qu’à venir aussi….vingt voitures plus tard, le seul invité arrivait à 50…trainer ici ou là bas, etc. Tout cela finalement faisait un week end sauvage assez surchargé….Un Poitiers Nanterre pas terrible. Mais, les goûts communs rapprochent sérieusement; les influences sont les mêmes, les cultures musicales semblables donc pour EMERGENCY pas trop d’engueulades à l’horizon. Tous lycéens (sauf Patrick à l’époque qui étudiait….quoi ? Il étudiait ? Ah bon !), les temps était assez dégagé pour vivre sa petite expérience de Last gang in town. Aussi jeune, être le premier et le dernier.

À suivre….
Bande son :
La compilation k7 de TDS avec Normale Vitale, Oleum Perdisti, Kromozom Disorder, The Feast, Emergency, la Strada, PLZ, etc…
Emergency : La démo 5 titres autoprod. 86-87, avec Gossips, Talkindrumminman, Alison, sound of rebels, rip. (enregistré à Alienor d’Aquitaine…)
999 : Emergency

Fab Tigan (octobre 2005)
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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Ven 22 Aoû - 14:51

comme dit l'autre " quand la légende dépasse la réalité , on imprime la légende " :-)Merci pour ce bref résumé d'une partie de la vie de quelques braves mecs de Poitiers, trouvé par hasard sur google. Un bond de 25 ans en arrière ça bouge un peu...Alors oui j'avais une discothèque sympa, la moitié piqués dans des magasins locaux, qui a alimenté un peu cette fabuleuse émission libre d'une vraie radio libre qu'était Garageland. Et oui aussi j'ai un peu étudié, et je continue toujours à le faire , mais pas le cadre d'une faculté ou j'ai passé 4 bonnes première années à récupérer des concerts, beuveries et autres activités grisantes mais éreintantes...Merci pour cette "madeleine" que j'ai savouré avec plaisir.A plus Fabrice ( un des 2 mecs qui s'arrachait les cheveux quand il tentait en vain de nous sortir de notre garage à bière ou on aimait tant se cacher mais ou on s'est quand même bien marré !) Patrick "L" Tant qu'on en est aux congratulations et tapes dans le dos, je crois me rappeler la grande culture musicale "différente"  de Fabrice, expert pour dénicher avant tout le monde des groupes dont personne n'avait entendu parler et toujours à l'affut des nouveau courant. Et si c'est moi qui achetait les albums pour épaissir ma discothèque perso, c'était régulièrement lui le "découvreur" . c'est dire l'esprit d'ouverture tout azimut de ce mec !
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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Ven 22 Aoû - 19:07

Admin a écrit:

Bon, le PUNK à Poitiers ? Pas grand chose à dire. Y avait aussi Billoute avec une vraie dégaine clashienne à la London Calling avant de tomber dans les Bauhaus avec tout le réseau ODESSA.

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Dernière édition par Thebatfreak le Mer 2 Nov - 15:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Lun 6 Déc - 3:40

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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Dim 31 Juil - 17:29

Bonjour à tous,
Comme je l'ai déjà écrit sur un autre post sur ce forum découvert par hasard ce matin, j'ai moi aussi fait partie de cette jeunesse punk de Poitiers. J'ai connu et croisé bon nombre des personnes citées (Biloute, Karim...) dans ce sujet, car j'ai vécu à Poitiers de septembre 1982 à janvier 1983. Je bossais à la boutique Be Bop, dans la grand-rue où j'habitais.
Je trouvais que cette ville bougeait pas mal pour l'époque. J'y ai vu de nombreux concerts, de Starshooter aux Dogs. Je me rappelle d'un festival avec Ubik, les Nus, Kas Product et Orchestre Rouge.
Merci aux anciens de cette époque de prendre contact avec moi, s'ils sont toujours vivants. j'ai mis une photo d'époque en avatar.
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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Mar 9 Aoû - 1:09

salut, comme Sophie, je suis partie de Poitiers en 83, j'ai participé à cette période. Premier concert de Killing Joke en France et à poitiers, KAS product, Orchestre rouge etc.. pleins de concerts aussi grâce à l'Oreille est hardie.
Erick Gérard a habité 6 mois chez moi et on était toujours fourré ensemble, Arnaud dunner, le frère de mon pote Stéphane, est devenu chanteur d'Odessa. J'ai bien connu Christophe Noblet qui a joué dans Emergency ou Offset, on est parti en vacances ensemble avec son frangin chez mes grands parents à Arcachon . En 84 j'étais à Paris, ou plus tard j'ai appris la mort de mon pote Billoute. Tous ces noms dans ce forum, ça rajeunit pas. j'ai revu Arnaud Dunner à Paris ya 2 ans avec son frère. Super moment.
Poitiers à cette époque, c'était notre jeunesse, le Punk, la new wave, le ska.
J'ai fait quelques coeurs dans Odessa, mais j'étais pas musicien.
A partir de 86, à Paris , j'ai commencé à jouer de la basse et en 87, avec quelques copains du 14e arrondissement, on a créé un groupe de ska, "les Frelons", un des premiers groupes de ska en France. On a joué 7 à 8 ans ensemble. Plus d'une centaine de concerts. En tout cas merci pour cet historique de cette époque à Poitiers.
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Thebatfreak

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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   Mer 2 Nov - 15:54

Killing Joke, Kas Product... ça laisse rêveur...
Merci pour ces témoignages !

Odessa a été réédité par le label Brouillard Définitif si jamais il y en a que ça intéresse.
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MessageSujet: Re: POITOU ÜBER ALLES par Fab Tigan   

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