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 LA SUITE DE POITIERS "uber alles"

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MessageSujet: LA SUITE DE POITIERS "uber alles"   Mar 25 Avr - 13:19

Bon salut tout le monde.
J'ai jamais participé à un forum de ma vie. Il y a un début à tout et c'est comme un soir de retour (mano solo), cela pue toujours un peu la mort.
On retombe sur Poitiers car Greg de Vannes a la nostalgie de son Poitiers. Et plus je lis le forum, plus je rigole devant les tonnes de fausses informations, de mauvaises interprétations et de bisbilles stupides. Oui, c'est sûr j'ai vraiment l'impression d'être de retour à Poitiers.
Je sais ce forum débute, mais il en manque des gens, des groupes, des zines et d'autres trucs. Le hardcore, le trash, le metal, le grind ou la noise ou le punk, ils ont pas commencé avec les seven hate, les inside conflit, et consorts. Il n'y a pas de monopole.
Je sais plus qui....nahda aurait du être déclarée d'utilité publique.....Ah ah ah.....Disons le punk à Poitiers en général si cela vous dérange pas, il a jamais commencé avec nahda. Depuis 77, fin 79 aussi, y en a eu du punk en ville et chacun avait sa différences, sa démarche et sa joie de vivre.
La chance de vos scènes actuelles à Poitiers, qui sont confrontées aux mêmes problématiques qu'hier, est la première association L'Oreille est Hardie. Comme je me répète à le dire, je suis un enfant de l'OH mais sûrement du CM. Il faut reconnaître ce qui appartient à César et je vous conseille de faire un tour à la Fanzino où normalement les programmes trimestriels de l'OH sont disponibles pour votre consultation. Vous verrez tout les points forts de Poitiers et vous y devinerez aussi tous ces points faibles. Inutile de dire qu'avec ce recul, vous pourrez poser un post-mortem et rectifier une fois pour toutes les erreurs structurelles de Poitiers.
L'OH avait ce côté "élitiste", et là encore, il faudrait vachement modérer ce propos....pour être juste, je dirais "intellectuel", "élitiste" ne correspond pas car ils auraient pu faire leur truc à Paris et se la péter dure, faire des prix d'entrée très chers, etc....Donc on oublie le côté péjoratif du mot "élitiste". L'OH arrive du courant jazz expérimental, musique progressive, free jazz, etc, des 70s, que l'on retrouve à Montréal par exemple avec La Sala Rossa, qui est -pour moi ici- difficilement repérable en France aujourd'hui. Il faut rentrer cela dans vos têtes car tu peux pas comprendre l'OH si tu comprends pas que le Punk rock n'a rien à voir avec leurs bagages "artistiques". C'est un épiphénomène. Je vous reprends pas l'historique de l'OH, après tout vous vivez à Poitiers, mais si tu veux du hardcore, du punk, du noise, penses aux concerts que l'OH a organisé de 77 à 83, puis de 83 à 86. Tu y verras des trucs assez fous et assez intellos qui sont aujourd'hui des références de la noise, du freejazz ou du hardcore. Je pourrais citer une multitudes de concerts et de groupes qui ont joué dans une ville de 80 000 personnes. suffit de penser à Marquis de sade, Marc Seberg, les Nus, Octobre, par exemple, Classé X, Les Provisoires (en 82), Bunker, Pacific 231, Virgin Prunes, Killing Joke, les Residents, etc. Un exemple plus particulier fut -en domaine punk rock/hardcore- la venue en 81 des Ketchup Video, puis des Target Video en 82, le tout de Joe Rees. faites une recherche Target Video sur youtube.com et vous verrez qu'en 82, on a vu toutes les scènes punks hardcore noises sous nos yeux...en vidéo. Alors, on se calme sur la petite ville de rien du tout qui connait rien au hardcore. HUM.
Mais, en même temps, l'OH n'a pas compris le punk rock français, ce qui se passait en dehors des milieux intellectuels….Ouais, c'est court, dis comme cela. Mais, l'OH avec vue sur les officiels après 81, pouvait pas se ramener avec des punks de 15 ans, les jeans déchirés, les cheveux ébouriffés, bourrés, défoncés à la colle, avec des baston à la con....des incontrolables. (voir Oberkampf : couleurs sur Paris ou les scènes Apocalypse Chaos)….Alors le hardcore commence quand à Poitiers ? Y a une date ? Non pas vraiment. À partir du moment où des radios libres se sont mises à diffuser, les quelques animateurs ont commencé à passer leurs disques….Imagines, t’entends le seul et unique 45 de Gazoline (radio flic) à la radio en 82, le Get baque du Starshooter, le Papi Mami Euthanasie des Olivensteins, les morceaux de Métal urbain comme cela. Puis en même temps, le 45 des Partisans, des exploited, la souris, the cure, les clash, puis le premier 4 titres des Électrodes, du black flag, la compile en entier du Let them erat Jelly Beans (en licence sous New Rose en France). Un truc vraiment précis dont je me souvienne. La diffusion sur Back Street du split ep des Les Provisoires/Masoch….Les titres des Provisoires m’avaient tellement cogné dans la gueule….que l’on se rendait compte que c’était le cas pour tous. Qu’on était resté sur le cul avec ce 45 t. Résultat immédiat : Les Provisoires sont venus joué au 1er rock hexagonal tendancieux à La Blaiserie pour un set inoui de 30 minutes. Là c’était du hardcore, du noise, de la no wave direct des environs de Montpellier. Le truc le plus fou qui était diffusé par ces émissions nous marquait au fer rouge. Ou le truc qui sortait juste, on se le prenait dans la gueule direct. En radio libre, à l’époque, on diffusait du disorder, du dead kennedys, du black flag, du fear, du circle jerks, du bad brains., etc…Je me souviens d’une émission thématique de Back Street sur les morceaux punks les plus courts : stillers, bad brains, dead kennedys, neos, skatanov ss, etc…. On est en 82-83….Puis, il y a eu les premiers voyages intraeuropéens, vers l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, etc... ou même les concerts et les déplacements en France.
À Poitiers, cela a vraiment craqué en juin 83 avec Le Meeting organisé par l’OH avec particulièrement la soirée Killing Joke, Sonic Youth (1ere date européenne) et Orchestre Rouge. Bien sûr, pour les commodités du post, je vous cause pas de l’ensemble du Meeting qui finalement était Hardcore avec de l’afrobeat, de la musique orientale, du Blurt, du David Thomas, du Residents, etc…. Mais, je crois que l’on était dans la lignée de tout ce qui se profilait depuis 4 ans à Poitiers. Retiens donc le mois de Juin 1983 comme le début du Hardcore à Poitiers. Si cela te fait plaisir.
C’est plutôt le choc que cela a provoqué qui est intéressant. On s’est retrouvé à l’étroit et on a un peu commencé à se prendre en charge. Là encore, c’est pas une personne en particulier mais plutot des personnes. Je pense ici à Érik Gérard qui a initié beaucoup de choses positives et aussi des plus sordides (à l’image de la nature humaine), ou à Bourgouin, ou à Billoute, etc….Mais personne n’était seul. Y a pas de messie ! Ni dieu, ni maître ! Prends le groupe Odessa par exemple en 82 en concert diy au toit du monde, c’était hardcore ?! Avec toute l’imagerie joy division. Ah ah. Après quoi, le Laocoon, fanzine hardcore bizarroide, l’AMP avec la venue de Bérurier Noir + Camera Silens en juin 84, puis les Maitres, les Corbeaux du Reichstag, etc….La grande rupture, en 1987, c’est la Nuit Noire qui correspond aussi à un début de distribution efficace du hardcore en France grâce à Jungle Hop international. Je m’explique. Avant la NN, pour choper un disque, il fallait sérieusement s’accrocher devant le prix (je me rappelle avoir vu Zen arcad à Poitiers en 1985 à 160 francs, le what we do is secret des Germs à 120 francs, alors que le prix normal d’un disque était de 40-50 francs…), ou ne pas rechigner à partir à l’étranger et ramener des tonnes de disques, de zines, de docs à tout le monde. Tu faisais la tournée avant de partir et prenait les « want list » de tout le monde. Sans blague. La Nuit Noire a permis d’amener en 87-88 une diversité musicale qui n’existait pas ou plus (car Slash à Bordeaux avait fermé depuis longtemps et tant d’autres…) en France à l’époque. Diversité musicale, disques, k7, videos, tshirts, fanzines, etc. Il y avait pas de mal de monde qui descendait d’un peu partout pour venir y faire ses achats. Et la Nuit Noire rivalisait largement avec des trucs comme Reconstruction à NY par exemple 5 ans après…La rupture est là et de nombreuses personnes à Poitiers devraient sacrément s’en souvenir, c’est là où ils ont achetés leur premier disque punk ou hardcore appelle cela comme tu veux. Un des actuels membres de Vanilla y est passé du deathmetal au emocore….Le death metal y a perdu sûrement un bon groupe et le émo français y a gagné un bon groupe. Quoi d’autres ? Ben couillon. Avec la Fédération, on s’y est collé avec indépendances en 87 avec Blurt, Dazibao et FLITOX….Parkinson square a joué aussi. Y a eu des trucs intéressants en hardcore de la Fédération et aussi un coté plus métal avec Lame de Fond (qui se souvient des concerts organisés par Bête des Bois et le zine metal Lame de Fond : MST, les splendides Nomed, Pestilence, Death, Kreator, Tor Kran, Loudblast, et j’en oublie….). Tu remarques qu’à ce moment le Confort il a jamais été là. David Dufresne l’écrivait dans un Best à propos d’un road trip avec les Bérurier Noir. Le CM a jamais eu l'initiative.
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MessageSujet: la suite de la suite de Poitiers uber alles   Mar 25 Avr - 13:19

Soit dit en passant, les vieux de la vieille connaissait bien Minor threat, dk, black flag, ou encore husker du, bad brains, les germs, et compagnies avant 1986….Avec la Nuit Noire, on a juste rajouter une couche. Un des premiers là encore, à avoir compris que les temps changeaient, que le punk rock franco tournait en rond et s’enfonçaient lourdement dans la merde, c’est Érik qui par accident et par intérêt intello booka les No Means No en 1989 (à cause du label alternative tentacles). À l’époque, impossible de booker une première partie, le seul disque du small part était le mien…personne ne connaissait. Il y a eu une petite cinquantaine de personnes au CM. La semaine d’après, même truc avec les Beatnigs. Puis, on a eu les MDC, 20 personnes dans le bar, puis Fishbone dans le bar avec une ambiance de oufs. Je replace cela comme cela. Je dois me tromper. Y a eu aussi les Victim Family…re Flitox, reParkinson, puis Henry Rollins Band à l’époque de Do It/hard volume ; ce qui n ‘était pas rien. Sans aucune méchanceté, la tournée de Rollins tombait au moment de la parution de son entrevue dans Hello Happy Taxpayers. Il n’y avait pas grand’monde au confort. Un membre de la rock crew poitevine a eu l’inconscience de monter sur la scène pour slammer….Je revois mon rollins lui flanquer un pied au cul et le virer de la scène….Pour tout l’or au monde, je serais pas monté sur cette scène…fallait être plus fou que Rollins. Hot animal machine s’est cru à LA le temps d’un instant.
Puis, plus grand chose de très hardcore. Tu parles de Biohazard. Je m’en souviens assez bien. Tout d’abord, toute l’imagerie NYHC tournait finalement autour des photos de groupe de bas vers en haut. Un peu comme la musique de la plupart des groupes new yorkais…de l’époque. Tu retrouvais finalement en face de nabots haut comme trois pommes qui jouaient au dur new yorkais. Voilà en gros Biohazard. Ou plutôt en petit. Ce soir là, je tenais la NN, et va savoir pourquoi, dans une commande on avait reçu les disques de Warzone –la pire saloperie merdique new yorkaise-. Ces disques trainaient dans un coin. Et un type les a vu et il est revenu avec une pile de 45 tours à vendre, des trucs –qui valent très chers aujourd’hui comme à l’époque- comme Bunker, Legion 88, etc…. Je lui ai dit d’aller se faire voir avec ces 45 tour de nazi. Alors il a été cherché un type de Biohazard, qui dépassait pas le comptoir de la NN, et qui se la jouait à la con en me demandant si on avait du Sham 69…Un groupe que j’adore toujours autant. Jimmy Pursey pour moi, c’est du Johnny Cash. Pour moi, les biohazard, cela reste des bouffons avec un public à cette époque vraiment merdique. Je généralise, mais le public était plus metal que hardcore ou punk. Et on sait tous que des groupes à NYC y en avaient des excellents y compris Youth of today. On va s’en recauser.
Fugazi ? On connaissait Minor Threat. Et je crois que cela avait été aussi une raison de nos conversions au HC. Le côté positif. Et on connaissait aussi la scène de WDC. Donc, quand on a su que rites of spring croisait minor threat croisait embrace, (etc), on a cherché le disque, écouté attentivement puis on a filé à Paris quand ils se sont pointés le bout du nez. (un concert de la Elastic Crew Enterprise avec Gi Love). À vrai dire, il y avait plus de public de la province que de parisiens. Oublies pas : on est en 89. Puis, après le concert, on a discuté, pris les contacts nécessaires, etc. C’est comme cela que Fugazi s’est pointé à Poitiers…..Après, tant mieux que Fugazi reviennent jouer…pour ceux qui s’imaginent que c’est encore intéressant…qui croivent revivre Dischord 82.
Là encore, Fugazi, NMN, Victims Family, Biohazard, tout ces groupes, c’est présentable comme hardcore. Quand David Jones Locker vint jouer à Poitiers, on était 15. Quand 2bad tournait en 88, on arrivait pas à les booker à Poitiers, quand CCM a joué à Nantes, on le savait pas, quand Naked Raygun a joué à Bordeaux, personne le savait, ou tiens quand les Dead Kennedys ont joué à Bordeaux en 81, tu crois qu’on était au jus ?
Alors oui, c’est lamentable pour une ville qui a la prétention de donner des leçons à tout le monde. Oui lamentable comme ce ep des Neos qui est resté 2 ans sans acheteur, comme ce disque des germs bradé à 25 balles en 84 parce que personne n’en voulait. Effectivement.
Autrement, avec la NN et l’AMP, on s’est quand même bougé la gueule en faisant venir des zines, des disques, des vidéos, ….et on a essayé aussi des groupes.On a rencontré The Ex en 86, on a failli faire jouer Poison Idea lors de la licence de Feel the darkness sur Jungle Hop (la tournée en 87-je crois- a été annulée), on a quand même été cherché les fugazi, retenus les NMN, et poussé au cul pas mal de trucs qui serviront à pas mal de gens après.
Il n’y avait pas grand groupe non plus à Poitiers. En HC, rien du tout. On est quand même pas responsable de l’état de cette ville. On s’en foutait totalement. Mais crois moi, le réseau hardcore, le vrai réseau hardcore commençait juste à se monter. Oui effectivement, on capotait quand on lisait dans le MRR qu’un groupe de Lyon avait fait une bonne démo. À Poitiers, ou ailleurs en France, on savait même pas qui était ce groupe : Condense. C’est Frank G qui avait récupéré la K7. On y croyait pas. Comme les bons eps des Gi Love ou Cosmic Wurst.
Mais, 1989-1990, cela a été des années de chiens à Poitiers. De chiens, sans malentendus, de temps de chiens. Des années dures et pas faciles, voilà ce que je veux dire. Tout s’est pété la gueule à cause d’une volonté de reprendre le contrôle et de tout institutionnaliser. Moi, j’ai pris ma première retraite punk. Les scènes « alternatives » poitevines me faisaient chier et ne correspondaient plus du tout à ce que j’avais imaginer du rock –sans utopie-. Pour plusieurs raisons, qui ne me regardent pas et qui sont difficillement explicables, on avait raté le coche avec la NN en ne montant pas un label. On avait tous les contacts, les forces, etc… à ce moment. Et cela rejoint les quelques questions qui sont posées pour savoir ce qui a cloché à Poitiers. (Poitiers la loose, c’est –bien au contraire- une très très bonne question d’un postmortem à conduire pour corriger la situation de 25 ans de loose. Inutile de répéter les erreurs du passé & le fric gaspillé en vain). Pour moi, les festoches subventionnés, les animations sociopunkys, etc, cela me pétaient les couilles. Il n’y avait plus d’énergie, de kick, de vie…tout devenait calcul, placement, carrières. La culture française et son modèle d’académie. Alors, je suis parti sur mes études sur la gauche française et de l’Algérie coloniale et française. Un autre cauchemar qui devait aboutir dans un cul de sac d’enculés à la Sorbonne (une ratonnade universitaire bien française ?). Tout cela c’était pas tellement hardcore, c’est même pas punk du tout, et encore moins rock. Les potes venaient me voir pour me demander ce que j’en pensais, etc… Puis Franck G. est venu avec une K7. Dessus les premiers eps de Born Against, Rorschach, Neanderthal, citizen arrest, nausea, etc. Des trucs inconnus à ce moment là. Je reprends ma pile de MRR et tombe sur des entrevues des BA, des Rorschach, etc. Le son de ces eps étaient vraiment bizarre. BA me projette directement dans les premiers black flag avec une touche Negazione. Cela rallume un truc. Puis par hasard, je tombe sur l’annonce du show de Rorschach à Orléans dans Arsenal (dont je suis un des fondateurs). Je téléphone, le show est confirmé et on y fonce avec Franck et Natalie. À trois. Et là, je prends une des baffes de ma vie. Imagines le décalage, depuis un an tout le monde chiale à Poitiers, y a plus rien, y a rien d’intéressant, le rock est mort, on se fait chier, ouin, ouin, et là à St Jean de la Ruelle au Grand Unisson, l’entrée est gratuite, et paf un groupe de NY qui se la joue pas gros dur et qui est vraiment hardcore. Bonjour le décalage…..Puis là, je discute avec un des organisateurs qui me connaît que je connais, je lui demande comment ils ont fait…et puis voilà je rentre à Poitiers avec la folle idée d’organiser le même type de concert….sans m’imaginer tout ce que cela allait impliquer dans ma vie et toute la saloperie que j’allais prendre dans la gueule. Juste pur organiser des petits shows punk hc diy sans subventions dans la ville de Poitiers.
D’abord trouver un nom ? Nahda ? Bien sûr. Le second 45 tours du BN est un 45 vraiment très fort et le titre Nada 84 est vraiment hardcore. Il marque aussi la fin du BN première époque, période que je préfère…le reste après, sans grande distinction = de la merde. L’exemple du no future dans laquelle les scènes alternatives nous ont emmenées. Des gros labels, des cachets énormes et un spectacle vide avec une troupe d’ivrognes défoncés comme spectateurs, des musicos sous trip de rock stars. Cool ? Nahda en arabe, c’est le jeu de mot sur la renaissance, le renouveau intellectuel, sur de nouvelles bases. Pas mal comme ambiguités et comme significations. C’est un pote de Franck G qui a fait le logo. C’est pas moi, et j’aurait été incapable de le faire un aussi bon truc. Donc, on a monté une asso à 10 personnes et on s’est vite retrouvé à 3 ou 4 comme d’habitude….Dans Nahda, y avait rien d’intello, le seul jeu de mots était nahda/nada. On nageait en plein années Pasqua et en pleine gauche réac suffisante.
On a pas monté Nahda sans aides, sans soutiens et sans expériences. Il faut pas croire. Franck G y a participé, puis à un moment est parti au comme objecteur. On a construit nahda grâce à l’aide de Michel Rose et de la Phoque aime All de St Jean de la Ruelle, d’Arnaud de Behind the Smile de Lille et de la Silly Hornets de Lyon, dont certains condense faisaient partie. Tout a débuté à Orléans avec Phoque aime all et obstination records, tout autour du Garage. C,est là où est venue la vraie étincelle. On doit rien au modèle de développement du CM. Rien : un peu soutien et beaucoup de coups bas. Là encore et comme pour l’AMP et la Fédération, le CM avait rien compris et voulait surtout pas que quelque chose arrive de différent. Faut comprendre donc sur quelques bases tu pars : la stratégie de l’échec.
Il s’agit pas de construire quelque chose, il s’agit de faire, de prouver que c’est pas une question de pognon, de plugs, de fils de riches, mais une question d’organisations, de volontés et de contacts. Après, tout s’enchaîne tranquillement et tout devient rapidement insupportable car Poitiers, dans son esprit mort à crédit, est une cuvette aussi. On a raté quelques shows : Youth Brigade, Hammerhead (les Cruxifix allemands), Bad Trip de NY, Nessum Dorma d’UK, Doom, Pissed, Age, Abyss, et pleins d’autres. Sûr c’est regrettable, mais ce que je regrette vraiment c’est de pas avoir commencé plus tôt car avec un peu de chance on aurait pu récupérer Born against à Poitiers et dans mes rêves Rorschach. (la vraie scène new yorkaise, la plus authentique en 89). Mais bon, le passé est le passé.
Au bout de six mois, on a réussi à trouver un garage, vers le CM, où on a booké Milkus de Poitiers, instrus-mental (avec des futurs Vanilla), et Growing Concern NYHC de Rome via Marc de Condense. 100 personnes ont fait le déplacement ; ce qui était inimaginable à l’époque. Puis après au grès des occasions, des dispositions des uns et des autres, et des cachets, on a réussi à booker pas mal de trucs. (spitboy, abolition no more, econochrist, condense, vanilla, fingerprint, sea shepherd, 4HQ, Ivich, yuppicide, the ex, 2bad, tears of a doll, subcaos, subway arts, cut, autonomia indigena, shatter the myth, escape, life but how to live it ?, 4 3 never, Mark XIII, Bélial). Au CM, au Toit du monde, en banlieue. Crois moi, crois moi pas. Le fait que l’on organise ces shows, cela en fait chier plus d’un à Poitiers. On peut pas imaginer l’état d’esprit. À part Mark XIII, 3 4 Never, CUT et 4HQ, on a jamais fait jouer un groupe de Poitiers tant le milieu était complètement hostile, basé hélas sur une sale mentalité médiocre. C’est pour cela que j’ai toujours trouvé cela bien drôle que Seven Hate soit considéré comme un groupe hc. Mais, remarquez bien : D’où viennent Burning Heads : d’Orléans, Condense : de Lyon, Seven Hate : de Poitiers. Les plus crédibles restent dans mon cœur : Condense.
Par exemple, Seven Hate, sur le premier album a des relents par moment d’econochrist. Donc oui, il y a eu quelques trucs, avec des places d’entrée accessibles à tous, une bonne ambiance et des concerts assez « rentables » puisque l’on reversait tout le bénèf aux groupes.
Nahda était quelque chose d’éphémère qui correspondait bien aux deux tendances naissantes des scènes françaises, une tendance institutionnelle, et une tendance « bordelique » de l’instant. De cela, tu vois, il y a une troisième voie (et je suis pas facho !) qui est apparue directement et indirectement. Certaines personnes qui sont passées aux shows de Nahda ont été influencées. Je lisais une entrevue d’Amanda Woodward où Gérôme disait tout ce qu’il devait à ces concerts, ou tu pourrais en parler avec Greg, ou Vanilla, ou d’autres. J’ai lu que Limoges, c’était le top du top à ce moment là. Si je te disais que ces types de Limoges étaient verts de rage quand ils voyaient les shows que Nahda bookait….Tu comprendrais sûrement le gachis poitevin.
Les rares gens qui ont réagi positivement, c’est les gens de No Pasaran, affilié plus au moins à la Fédération Anarchiste. Les gens d’On A Faim nous .étaient très hostiles car nous n ‘étions pas des « anarchistes d’État ». Seuls à Poitiers, à ce moment, No Pasaran de Poitiers a publié un article dans leur numéro 1 sur ce que faisait Nahda, sans même nous interviewer…et nous demander notre accord. Dans leur ensemble, Les gens du CM ont vraiment pas été sympa. Mais bon, on s’en fout. La FLOF a continué le travail côté « petit-bourgeois » branchés et révoltés sur la noise et a rayé le hardcore de ses concerts. Dommage, car aujourd’hui la clef musicale reste les scènes hardcore punk & affiliée qui sont d’une vitalité incroyable, autant en France qu’en Amérique du Nord.
Utilité publique…lire cela en 2006, c’est assez drôle car finalement, je pense que tout ce que l’on a fait n’a jamais été assez bien pour vous . Et c’est cela Poitiers ….et son esprit « français » qui hélas n’est pas juste exclusif à Poitiers.

En conclusion.
Je me suis retrouvé il y a quatre ans à Poitiers. L’ambiance « culturorécréative » y est finalement la même, exceptée les Myra Lee et leur machoire. Je me suis fait abordé par un syndicaliste de la CGT qui m’a pris la tête en me disant que pour lui l’essentiel est de défendre la culture, de l’aider et de la subventionner. Il y a un temps, j’aurais ouvert ma gueule…J’ai tourné ma langue deux fois dans ma bouche. Dans ma tête, mes neurones ont explosé de rire. Un prolo chargé de défendre les prolos qui défend la culture des riches, c’est pas tous les jours que l’on voit cela.

PS : J’aurais super bien aimé faire jouer Scream (ou screaming ?) for Change, on avait même prévu de les faire jouer en première des Youth Brigade (LA), si mes souvenirs sont bons. Le concert a pu avoir lieu pour cause de salle. Puis après, SFC a splitté. Eux, ils en ont vraiment pris plein la gueule –je crois si mes souvenirs sont bons- à Jaunay Clan….Je les ai jamais vu sur scène. Je regrette bien et je suis bien content de les voir nommer ici.

Fab Tigan avril 2006
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franfreed

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MessageSujet: Re: LA SUITE DE POITIERS "uber alles"   Mar 25 Avr - 20:33

oulah, il y a des baffes qui me sont destinées là Very Happy, après ca que dire, j'ai tout lu je suis repu...
Rappel :
franfreed a écrit:
J'avancerais donc un vécu non representatif (surtout ici!) pour illustrer (pas définir hein?) ce que le terme hardcore peut signifier à mes yeux et oreilles... .

Et je dois dire que mon petit tout tout petit vécù (bourré d'ommissions et d'incertitudes, voire de conneries apparement, oups desolé..la drogue et une bêtise congénitale surement) a l'air bien l'air ridicule a coté du tiens. Merde j'aurais pas imaginé que cette plaisanterie tourne au concours de " j'ai la plus longue" scratch.

Et dans le propos? De quoi parle-t-on? Que reste-t-il lorsqu'on associe Poitiers et Hardcore? J'ai exposé ce que moi j'en retiens, avec des raccourcis ou non, dans une synthèse qui retranscrit le MÊME dédain ressenti face aux initiatives qui ont fait vivre cette "scene" , avec les MÊME méthodes et peut-être les MÊMES envies, mais avec en plus l'intransigeance et la suffisance de ses pairs ou ainés comme fardeau, en contre partie de leur l'experience. Loin des eternels donneurs de leçons (moi aussi j'ai eu droit aux reflexions bien pensantes et pleine de morale), ca s'est fait dans une quête de l'enthousiasme sans doute crédule mais qui valait le coup au vù des moments passés. J'ai cité Limoges ( j'aurais pu rajouter Troyes et Caen tiens!) et d'autres villes où la chance (?) a été d'y rencontrer des individus qui était pratiquement dans la même situation mais qui eux on su se dedouaner de cet aspect (politique par ex) en se placant comme des acteurs et non comme des spectateurs. Ils ont été le point de départ principal. Non sans heurts (quand je relis Christophe M. faire la caricature de cette chimère d'Unité en la comparant a un vestiaire sportif... Rolling Eyes gachis... brulons Shame 69, et le reste).
Oui Nahda (ou plutot Toi ) a du sûrement influer directement ou indirectement sur ce qui s'est passé APRES, mais pour le souvenir que j'en ai (pas fiable hein?), pas pour nous tous et sûrement pas comme LE modèle, car ignorée par une génération qui n'est pas née dans les années 60 et perdait ses dents de lait dans les années où tu inventais le poitiers hardcore... 1983? sans doute, et aujourd'hui? Voir les autres messages...
Les reférences semblent être très éloignées tout aussi (je te rassure les Residents ou SY figurent en bonne place dans mes disques mais... au rayon Aliens, loin d'Embrace, des Dead Kennedys ou de Pitboss2000). LA scene punk hc serait donc t-elle une ressucée de ce minable sketch des inconnus "il y a le bon hardcore et il y a le mauvais hardcore" decliné à toutes les sauces par ses propres acteurs? Gentils/ Méchants? Intelligents/Crétins? Rien à faire, ca n'en finira donc jamais... Rolling Eyes

Alors Poitiers Hardcore? Poitiers merci on connait, ca n'a pas changé, hardcore ca ne devait pas être cette fameuse 3eme voie justement? Refuser d'associer sa colère à un pitoyable tshirt RTAM avec le Jesus rouge collé dessus? Faire de sa rage autre chose qu'un concert dans un squatt plein de clébards? Ne pas souscrire aux revoltes commercialisées et y opposer autre chose (quitte à faire d'une salle de concert un fight-club - bon sang que je hais ce film...)? Briser les dogmes de cette plaisanterie qu'est le rock au sens large, pour en créer de nouveaux... et les trahir afin de continuer. Balayer le vécu des autres pour vivre au moins un peu maitre de son destin , même si c'est un mensonge, même si c'est éphémère. Merde, s'acapparer les clichés pour en faire une farce, certes, mais où au moins on vit un instant en dehors de cette merde quotidienne! Quelqu'un à senti de la frustration dans mes propos (que doit-il penser en te lisant alors?) Erreur, j'ai enfin pu voyager (je sais: "cliché! nous aussi"), partager avec un tas de gens differents (et des fois les même stéréotypes de crétins j'admets) avec qui je me serais irrémédiablement foutu sur la tronche hors de ce contexte , j'ai vu le beau comme la merde ( allez en vrac les moines vegan, les redempteurs libertairo-libéraux-libertariens, les hardlines, les nazillons, les brigitte bardots, les sociopathes savants... cette prude élite qui n'a qu'un seul rôle: se faire decapiter par la masse qu'elle abreuve de conneries) juqu'a la nausée . Et pourtant j'en retiens pleins de moments de joie. Jamais assez bien pour Poitiers? La leçon à été retenue. Enfin... je crois.

allez cordialemment, et désolé pour le déplacement.

Ps: Screaming for change , scream for change, merde je sais plus désolé! Dès que je retrouve ma cassette je rectifie, en attendant zavez qu'a lire Milk diet à la place Very Happy

Ps2 : promis moi aussi j'y serais de ma petite anecdote la prochaine fois. ca sappellera Freddy chez les nazis et ca parlera de ma rencontre avec le 6eme GBH à Belfast, à Alessandra avenue plus exactement. Very Happy
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adood



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MessageSujet: Re: LA SUITE DE POITIERS "uber alles"   Mer 25 Avr - 22:06

hello , jaurai voulu plus dinfos sur la scene hc de poitiers ds les années 80 -
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LA SUITE DE POITIERS "uber alles"
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